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Lady of Shalott : une rose avec une histoire de Camelot

8 min. leestijd

Certaines roses sont choisies pour leur couleur ou leur parfum. D’autres parlent déjà à l’imagination avant même d’avoir éclos. Dame de Shalott de David Austin est une telle rose. Son nom fait référence à l’un des poèmes les plus célèbres du poète anglais Alfred Lord Tennyson.

C’est l’histoire d’une demoiselle mystérieuse, d’une île enchantée, d’un miroir brisé et d’un dernier voyage sur la rivière jusqu’à Camelot. Une histoire romantique et tragique qui s’accorde à merveille avec cette rose anglaise aux couleurs chaleureuses.

La Dame de Shalott et son île

Le poème The Lady of Shalott se déroule dans l’univers légendaire du roi Arthur. L’île de Shalott se trouve le long de la rivière qui coule vers le château de Camelot. C’est un lieu paisible et ensorcelant, entouré de champs de blé, de nénuphars, de saules et de trembles frémissants.

La Dame de Shalott vit sur l’île. Elle séjourne seule dans une tour, entourée de quatre murs gris et de quatre tourelles grises. Une malédiction mystérieuse pèse sur elle. Il lui est interdit de regarder directement par la fenêtre la route, la rivière ou Camelot.

C’est pourquoi elle ne voit le monde extérieur que dans un miroir.

Dans ce miroir apparaissent les personnes qui passent près de l’île : des paysans, des jeunes filles allant au marché, des amoureux, des ecclésiastiques et des chevaliers en route vers Camelot. Elle intègre tout ce qu’elle voit dans une tapisserie aux couleurs éclatantes. Jour et nuit, elle reste assise devant son métier à tisser, tandis que la vie réelle demeure hors de sa portée.

Un monde d’ombres

Le reflet dans le poème est plus qu’un simple élément de la malédiction. La Dame de Shalott ne voit pas la réalité, mais seulement son reflet. Elle observe la vie sans jamais vraiment y prendre part.

Le poème rappelle ainsi la célèbre allégorie de la caverne de Platon. Là aussi, les hommes ne voient pas le monde réel, mais seulement les ombres qui se projettent sur une paroi.

Au fil du temps, la Dame de Shalott aspire de plus en plus intensément à la vie réelle. Lorsqu’elle voit dans son miroir deux amoureux qui viennent de se marier, elle prononce l’un des vers les plus célèbres du poème :

« I am half sick of shadows », dit-elle
La Dame de Shalott.

Autrement dit : elle en a assez des ombres. Elle ne veut plus regarder le monde uniquement à travers son miroir, mais découvrir par elle-même ce que signifient l’amour, la liberté et la vie.

L’arrivée de Sir Lancelot

Puis apparaît Sir Lancelot, l’un des chevaliers les plus célèbres des récits autour du roi Arthur. Il longe l’île en direction de Camelot.

Tennyson décrit la façon dont la lumière du soleil se reflète sur son armure. Son bouclier, son casque, sa selle et ses rênes scintillent. En longeant la rivière, il chante. C’est une scène pleine de mouvement, de lumière et de vie – précisément tout ce dont la Dame de Shalott est restée séparée jusque-là.

Lorsque Lancelot apparaît dans son miroir, elle ne peut plus résister à la tentation. Elle quitte son métier à tisser, se dirige vers la fenêtre et regarde directement dehors.

Au même instant, son ouvrage se défait et le miroir se fissure de gauche à droite.

La malédiction s’est abattue sur elle.

Le voyage vers Camelot

La Lady of Shalott quitte sa tour et trouve une barque près d’un saule. Elle inscrit son nom sur la proue : The Lady of Shalott. Elle détache ensuite la barque et se laisse emporter par la rivière vers Camelot.

C’est le soir et le temps s’assombrit et devient orageux. Vêtue de blanc, elle est allongée dans la barque. Tandis qu’elle passe entre les saules, les champs et les rives, elle chante son dernier chant.

Avant même d’atteindre Camelot, la Lady of Shalott meurt.

La barque continue de dériver et atteint finalement les quais de Camelot. Des chevaliers, des nobles et des habitants viennent observer la mystérieuse femme dans la barque. Lancelot la voit lui aussi pour la première fois, non pas comme un reflet, mais telle qu’elle est réellement.

Il regarde son visage et dit :

« Elle a un charmant visage ;
Que Dieu, dans sa miséricorde, lui accorde sa grâce,
The Lady of Shalott.”

L’histoire se termine tragiquement. Pourtant, la Lady of Shalott a finalement fait son propre choix. Elle quitte le monde sûr mais isolé de sa tour pour affronter la vie réelle, même si elle sait qu’elle déclenche ainsi la malédiction.

Tennyson et les préraphaélites

Alfred Lord Tennyson a vécu de 1809 à 1892 et fut l’un des principaux poètes anglais de l’époque victorienne. Il n’était pas lui-même préraphaélite, mais ses poèmes constituèrent une grande source d’inspiration pour les artistes préraphaélites.

Ces peintres et ces poètes étaient fascinés par le Moyen Âge, les anciennes légendes, le symbolisme, l’amour et la beauté tragique. L’univers du roi Arthur, de Camelot et de Lancelot s’y prêtait parfaitement.

La Lady of Shalott est donc devenue un sujet très apprécié dans la peinture. Les tableaux de John William Waterhouse sont particulièrement célèbres. Sa représentation la plus connue, datant de 1888, montre la demoiselle dans sa barque, juste avant son dernier voyage vers Camelot.

J. W. Waterhouse : The Lady of Shalott (1888)

Pourquoi cette rose a-t-elle été nommée Lady of Shalott ?

David Austin a introduit la rose anglaise Lady of Shalott en 2009. C’était exactement deux cents ans après la naissance d’Alfred Lord Tennyson. La rose a été nommée d’après le poème pour commémorer cet anniversaire particulier.

Le nom ne fait donc pas seulement référence à la magnifique île de Shalott, mais à toute l’histoire et à l’atmosphère qui l’entoure : romantisme, désir, courage, beauté et une pointe de mélancolie.

Lady of Shalott est ainsi bien plus qu’un simple joli rosier de jardin. C’est un rosier auquel est liée une histoire — et c’est précisément ce qui s’accorde si bien avec Belle Epoque.

Un rosier aux couleurs de la lumière du soleil et du feu

Les fleurs de Lady of Shalott commencent par de riches boutons rouge orangé. Lorsqu’elles s’ouvrent, elles révèlent de grandes fleurs en forme de coupe, aux pétales disposés librement.

Le cœur de la fleur est orange chaud à abricot. Les pétales extérieurs arborent une teinte saumon rosé plus douce, tandis que leur revers jaune doré crée un jeu de couleurs tout particulier.

Ces couleurs évoquent la lumière du soleil sur l’armure étincelante de Lancelot. Mais aussi un coucher de soleil doré au-dessus de la rivière, la lueur de bougies allumées et les teintes automnales de la dernière chevauchée vers Camelot.

Lady of Shalott dégage en outre un agréable parfum chaleureux de thé, aux nuances de pomme épicée et de clou de girofle. Les fleurs apparaissent à plusieurs reprises, de la fin du printemps jusqu’à la fin de l’automne.

Lady of Shalott comme rosier buissonnant

Lady of Shalott pousse naturellement comme un rosier anglais buissonnant, vigoureux et touffu. Elle forme de longues branches légèrement retombantes, portant un feuillage sain d’un vert moyen. Les jeunes feuilles présentent souvent un joli reflet bronze.

En buisson, elle atteint généralement environ 125 centimètres de hauteur et de largeur. Elle convient donc parfaitement à l’arrière d’un massif, comme point focal isolé ou en groupe de trois rosiers pour un effet plus généreux.

Grâce à ses couleurs chaleureuses, Lady of Shalott se marie à merveille avec la sauge violette, la cataire bleue, la lavande, les graminées ornementales et les plantes vivaces aux tons crème et abricot doux.

Lady of Shalott comme rosier grimpant

Bien que Lady of Shalott soit officiellement un rosier anglais buissonnant, elle peut aussi très bien être conduite comme petit rosier grimpant sont guidées. Sa croissance vigoureuse et ses longues branches souples conviennent parfaitement à un mur, une pergola, une arche à rosiers, un treillage ou un obélisque.

La différence dépend surtout de la manière de tailler.

Si vous préférez la faire pousser en buisson bien fourni, vous pouvez tailler les branches à la fin de l’hiver afin de conserver une forme compacte et touffue.

Si vous souhaitez faire grimper Lady of Shalott, ne rabattez pas fortement les longues branches principales. Attachez-les délicatement en biais ou en éventail. En ne guidant pas les branches complètement à la verticale, vous favoriserez la formation de davantage de pousses latérales florifères sur toute leur longueur.

Le même rosier peut ainsi remplir deux rôles très différents au jardin : comme arbuste très florifère dans un massif ou comme rosier grimpant romantique, de taille modérée, contre un mur ou une arche.

Une rose robuste pour les jardins néerlandais

Lady of Shalott est réputée pour être une rose robuste, saine et très florifère. Elle pousse le mieux dans un emplacement ensoleillé ou à mi-ombre légère, dans un sol riche qui retient suffisamment l’humidité sans rester constamment détrempé.

Grâce à sa vigueur, elle convient également aux débutants en culture des rosiers. Lors de la plantation, donnez-lui suffisamment d’espace, veillez à lui apporter une bonne fertilisation au printemps et retirez les fleurs fanées pour stimuler la remontée.

Ainsi, Lady of Shalott n’est pas seulement une rose à l’histoire particulière, mais aussi un choix fiable pour les jardins néerlandais.

Une histoire qui continue de fleurir

Pendant des années, Lady of Shalott a contemplé un monde qu’elle ne pouvait voir que comme des ombres dans son miroir. Finalement, elle a choisi de quitter sa tour et d’affronter la vraie vie.

Son voyage s’est achevé à Camelot, mais son nom a continué à vivre. D’abord dans le poème de Tennyson, puis dans la peinture des préraphaélites et, finalement, dans cette magnifique rose anglaise de David Austin.

Avec ses tons chaleureux cuivrés, abricot et saumon, Lady of Shalott semble elle-même porter en elle quelque chose de cet ancien monde. Un monde de tours, de rivières, de chevaliers et de jardins secrets.

En rosier arbustif ou en petit rosier grimpant : Lady of Shalott mérite une place où sa beauté puisse être admirée non seulement dans un miroir, mais par tout le monde.

Lire le poème en néerlandais

Le poème anglais original complet d’Alfred Lord Tennyson appartient au domaine public. Il existe également une traduction néerlandaise du poème par Cornelis W. Schoneveld, intitulée De Jonkvrouw van Shalot.

Comme cette traduction néerlandaise peut être protégée par le droit d’auteur, nous ne la reproduisons pas intégralement ici. Vous pouvez toutefois lire la traduction néerlandaise complète via la source ci-dessous :

Lisez The Lady of Shalott et De Jonkvrouw van Shalot dans Fleurs du Mal Magazine

Poème source : Alfred Lord Tennyson, The Lady of Shalott, version définitive de 1842.
Traduction néerlandaise : Cornelis W. Schoneveld, La Demoiselle de Shalott, publiée par Fleurs du Mal Magazine.

Cet article a été rédigé en collaboration avec Sabriah.

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